1. Multiples et diviseurs dans $\mathbb{Z}$ #
1.1. Rappels : Ensembles $\mathbb{N}$ et $\mathbb{Z}$ #
Définition 1
- L’ensemble des entiers naturels $\{0, 1, 2, \ldots\}$ est noté $\mathbb{N}$.
- L’ensemble des entiers relatifs $\{\ldots, -2, -1, 0, 1, 2, \ldots\}$ est noté $\mathbb{Z}$.
Propriété 1
La somme, la différence et le produit de deux entiers relatifs sont des entiers relatifs.
Propriété 2
La division euclidienne de deux entiers relatifs donne des entiers relatifs : Pour tout entier $a$ et $b$, avec $b$ non nul, il existe un unique couple d’entiers relatifs $q$ et $r$ tels que : $$ a = b \times q + r \quad \text{avec} \quad 0 \leq r < |b| $$ $q$ est appelé quotient et $r$ reste de la division.
Exemple 1
- $37 = 5 \times 7 + 2$. La division euclidienne de $37$ par $5$ a pour quotient $7$ et reste $2$. On a bien $0 \leq 2 < 5$.
- $37 = 5 \times 4 + 17$. $4$ et $17$ ne conviennent pas car $17$ est plus grand que $5$.
1.2. Multiples et diviseurs dans $\mathbb{Z}$ #
Définition 2
Soient deux entiers relatifs $n$ et $p$. S’il existe un entier $q$ tel que $n = p \times q$, c’est-à-dire si le reste de la division euclidienne de $n$ par $p$ est nul, on dit que :
- $p$ est un diviseur de $n$ ou que $n$ est divisible par $p$.
- $n$ est un multiple de $p$.
Exemple 2
$12 = 4 \times 3$ : $12$ est un multiple de $4$, $4$ divise $12$.
Remarque 1
- Tout nombre entier relatif non nul a au moins deux diviseurs : $1$ et lui-même.
- Tout nombre entier relatif admet une infinité de multiples. Les multiples de $n$ sont les nombres qui s’écrivent $k \times n$ où $k \in \mathbb{Z}$.
Propriété 3
On considère trois entiers relatifs $a$, $n$ et $p$. Si les entiers $n$ et $p$ sont des multiples de $a$, alors la somme $n + p$, la différence $n - p$ et le produit $n \times p$ le sont aussi.
Exemple 3
$36$ et $90$ sont multiples de $9$, donc $126 = 90 + 36$ l’est aussi. En effet, $126 = 9 \times 14$. Remarquons aussi qu’on a $36 = 9 \times 4$, $90 = 9 \times 10$ et $126 = 9 \times (4 + 10)$.
Preuve : Pour la somme
$n$ est multiple de $a$, donc il existe $k \in \mathbb{Z}$ tel que $n = a \times k$. $p$ est multiple de $a$, donc il existe $l \in \mathbb{Z}$ tel que $p = a \times l$. On en déduit que : $$ n + p = a \times k + a \times l = a \times (k + l). $$ Autrement dit, la somme $n + p$ est multiple de $a$.
2. Nombres pairs, nombres impairs #
2.1. Définitions #
Définition 3 et Propriété
On considère un entier naturel $n$.
- Si $n$ est divisible par $2$, on dit que $n$ est pair. Il existe alors un entier $p$ tel que $n = 2 \times p$.
- Sinon, on dit que $n$ est impair. Il existe alors un entier $p$ tel que $n = 2 \times p + 1$.
Exemple 4
$38$ est un nombre pair car $38 = 2 \times 19$. $17$ est un nombre impair et $17 = 2 \times 8 + 1$.
Preuve
On considère un entier naturel $n$. On effectue la division euclidienne de $n$ par $2$. Il existe donc un entier $p$ (quotient) et un entier $r$ (reste) tels que : $$ n = 2 \times p + r \quad \text{avec} \quad 0 \leq r < 2. $$ $r$ est un entier naturel qui vérifie $0 \leq r < 2$, donc $r = 0$ ou $r = 1$.
- Si $r = 0$, alors $n$ est pair et $n = 2 \times p$.
- Sinon, $n$ est impair et $n = 2 \times p + 1$.
Propriété 4 : Critère de parité
Un entier naturel $n$ est pair si son chiffre des unités est pair, c’est-à-dire égal à $0$, $2$, $4$, $6$ ou $8$.
2.2. Parité et somme d’entiers #
Propriété 5
- La somme de deux entiers pairs est un entier pair.
- La somme de deux entiers impairs est un entier pair.
- La somme d’un entier pair et d’un entier impair est un entier impair.
Preuve
-
Pour deux entiers pairs :
Si $n$ et $m$ sont pairs, il existe $p$ et $q$ tels que $n = 2 \times p$ et $m = 2 \times q$. On a alors : $$ n + m = 2 \times p + 2 \times q = 2 \times (p + q). $$ Donc $n + m$ est pair.
-
Pour deux entiers impairs :
Si $n$ et $m$ sont impairs, il existe $p$ et $q$ tels que $n = 2 \times p + 1$ et $m = 2 \times q + 1$. On a alors : $$ n + m = 2 \times p + 1 + 2 \times q + 1 = 2 \times (p + q) + 2 = 2 \times (p + q + 1). $$ Donc $n + m$ est pair.
2.3. Parité d’un carré #
Propriété 6
On considère un entier naturel $n$.
- Si $n$ est pair, alors son carré $n^2$ est pair.
- Si $n$ est impair, alors son carré $n^2$ est impair.
Exemple 5
- $12$ est pair et $12^2 = 144$ aussi.
- $9$ est impair et $9^2 = 81$ aussi.
Preuve
On considère un entier relatif $n$.
-
Si $n$ est pair, alors on peut écrire $n = 2 \times k$ avec $k \in \mathbb{Z}$. Donc : $$ n^2 = (2 \times k)^2 = (2k) \times (2k) = 2 \times (2k^2). $$ Donc $n^2$ est pair.
-
Si $n$ est impair, alors on peut écrire $n = 2 \times k + 1$ avec $k \in \mathbb{Z}$. Donc : $$ n^2 = (2k + 1)^2 = (2k + 1) \times (2k + 1) = (2k)^2 + 2k + 2k + 1 = 2 \times (2k^2 + k + k) + 1. $$ Donc $n^2$ est impair. On peut aussi employer l’identité remarquable $(2k + 1)^2 = 4k^2 + 4k + 1$ et obtenir le même résultat.
Propriété 7
La réciproque de ce théorème est vraie :
- Si le carré $n^2$ est pair, alors $n$ est pair.
- Si le carré $n^2$ est impair, alors $n$ est impair.